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Les Carpates ukrainiennes #1 – Sheshory, pâturage d’été et convivialité

Tasse accrochée sur le côté d'une maison de bois dans un pâturage des Carpates

Ensemble montagneux à califourchon sur plusieurs pays, c’est au sud-ouest que se situent les Carpates côté ukrainien. De rivières en forêts, de crêtes en vallées, le coin est réputé pour sa beauté. Mais pas que! Ici, nous sommes aussi au pays des Houtsoules, un peuple d’éleveurs et d’artisans, dont les villages, encore en partie en bois, agrémentent les décors naturels.

Après quelques jours passés à Lviv, Kolomyia est la deuxième étape de mon voyage en Ukraine. Ville proche des collines, elle me servira de point de chute pour explorer la région. Aujourd’hui, je vous raconte ma première journée dans les Carpates ukrainiennes, du village de Sheshory à un moment partagé sur les hauteurs d’un pâturage d’été.

Le village de Sheshory – une tentative de randonnée avortée

L’histoire commence au On The Corner Bed & Breakfast, un petit business familial. Il est 8h. Irina, hôtesse des lieux, m’accueille avec le sourire, tandis qu’arrive son frère, Nikolaï. Nous nous sommes arrangés la veille. Il sera mon guide pour la journée. Aux petits soins, il s’assure que j’ai le nécessaire avec moi. Et nous nous mettons en route.

À la gare, le bus est plein à craquer. Tellement que nous (et bien d’autres) faisons le trajet debout. Les routes ukrainiennes étant ce qu’elles sont (comprenez chaotiques à souhait), tenir sur mes quilles est un combat de tous les instants. Pourtant, je suis plongée dans une discussion avec Nikolaï. Et, de l’Ukraine à l’Europe, en passant par l’Histoire et la politique, le temps passe finalement assez vite.

Fleur sauvage pourpre et jauneÀ Sheshory, une maison de bois, typique de la région, vue depuis les hautes herbes

Situé le long, et de part et d’autre, de la rivière Pistynka, nous voilà à l’entrée du village de Sheshory. Directement, nous bifurquons sur la gauche pour nous lancer dans une randonnée vers les crêtes. Je vous le dis tout de suite. Nous ne les atteindrons jamais! Après 5 minutes, je galère déjà face à un modeste cours d’eau. C’est bête, mais je porte des baskets en toile. Naïvement, je me suis dit que le rapport encombrement-bénéfice de chaussures de marche pour ce voyage ne serait pas assez intéressant. Je sais, c’était stupide! Que voulez-vous?! Les erreurs de débutant, ça met du piment! (Là, avec toute ma mauvaise foi, je suis à deux doigts de vous dire que “c’était fait exprès t’façon”)

Du coup, n’ayant sans doute pas envie de me voir lutter toute la balade, Nikolaï me propose une alternative, de l’autre côté de la rivière. Tant pis pour la jolie vue depuis les crêtes, nous rebroussons chemin. À défaut, la traversée de Sheshory sera l’occasion de me familiariser avec les paysages des Carpates, constructions de bois, meules de foin et chapelles tous les 10 mètres à la clef.

Sur les hauteurs d’un pâturage des Carpates

Entre les maisons, un chemin quitte la voie principale pour nous mener vers la rivière. Là, nous traversons un pont de fortune, sans barrière, avant de nous enfoncer sous les arbres. Nikolaï m’emmène sur les hauteurs, visiter un pâturage. Rapidement, nous débouchons sur une clairière, où se tient, solitaire, une maison de bois. Aux beaux jours, un berger houtsoule vient y faire paître son bétail et produire du fromage.

Portrait d'une vache un peu curieusePotager situé à l'arrière de la maison

Accueillis par le maître des lieux, nous sommes également salués par un groupe d’hommes. En plein pique-nique, ils nous proposent de nous joindre à eux. Mais d’abord, j’aimerais faire le tour du propriétaire.

En contrebas, à l’ombre, chevaux et vaches se reposent. Un bref instant, je sympathise avec la plus curieuse d’entre elles. Un peu plus haut, je découvre un potager de légumes et plantes aromatiques, tandis qu’à l’intérieur, le lait, bouillant, tourne dans une casserole. Pendant que Nikolaï m’explique le processus de fabrication du fromage, j’observe les objets d’un quotidien, des tasses à la selle de cheval posée en hauteur, comme plongée dans un autre temps.

Horloge et selle de cheval à l'intérieur de la maison

Un moment de convivialité éphémère

L’introduction des lieux faite, nous acceptons l’invitation lancée quelques instants plus tôt. Je me retrouve à table, entourée d’une joyeuse tribu. Tous sont ukrainiens, en vacances dans le coin pour la semaine. Curieux, chaleureux, ils me posent mille et une questions, cassant l’image froide et distante que l’on peut avoir des populations slaves.

Les présentations font place à la dégustation. Notre hôte nous apporte fromages et alcool maison. Je goûte aussi pour la première fois au salo, sorte de lard local. Bogdan, mon voisin de table, le prépare à l’ukrainienne, sur des toasts de pain gris couronnés d’aïl. Des bouchées qu’il appelle, avec humour, des ukrainian sushis. D’après mes camarades, je me dois de les accompagner systématiquement d’un shot. Bien sûr, quoi d’autre?! Allez! Sous leurs regards amusés, je me prête au jeu!

Notre hôte habillé de son costume traditionnel

En parallèle, la conversation va bon train. J’apprends quelques nouveaux mots d’ukrainien. Ils s’essayent au français. Pour tout le reste, Nikolaï joue le rôle d’interprète, jonglant avec l’anglais et sa langue maternelle.

Finalement, nous sommes interrompus par l’arrivée d’autres visiteurs, venus en nombre d’Odessa. Notre hôte nous quitte pour les accueillir et, petit à petit, notre groupe se disperse. Avec Nikolaï, je reprends la route, tout en me disant que ce moment fut bien éphémère. Il en est d’autant plus précieux!

En pratique

À noter, les prix et taux de conversion datent de juillet 2017. Ils ne sont donnés qu’à titre informatif.

Comme vous le savez, j’ai fait appel aux services d’un guide pour la journée, via le On The Corner Bed & Breakfast (500 uah, ~16,80€ + le coût des trajets pour lui et moi). Au-delà de la visite, les avantages d’un guide, c’est une bonne dose d’informations sur la région et la possibilité de communiquer avec des personnes dont on ne partage pas la langue. Bref, je recommande!

En ce qui concerne les trajets, nous nous sommes rendus à Sheshory en bus depuis Kolomyia (22 uah/personne, ~0,74€). Comptez environ 1h. Une fois sur place, nous avons marché jusqu’au pâturage. Dans mon souvenir, le sentier pour y arriver est signalé. Néanmoins, si nécessaire, n’hésitez pas à demander votre chemin : polonyna rosokhata ou, à l’écrit, Полонина Росохата. Les gens du coin devraient pouvoir vous aider.

Sur la carte

En guise de conclusion

Commencée par une tentative de randonnée avortée depuis Sheshory, cette journée se termine sur un agréable moment, placé sous le signe du partage et de la convivialité, au milieu d’un pâturage d’été. Et sans le savoir, mes amis d’un après-midi ont fait de ce premier jour dans les Carpates l’un de mes meilleurs souvenirs d’Ukraine. L’occasion de me rappeler qu’au cours de mes voyages, c’est toujours de l’imprévu que sont nées les anecdotes les plus mémorables.

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4 Commentaires

  • Répondre
    Authentik Vietnam
    5 novembre 2017 à 5 h 47 min

    Je n’ai pas voyagé en Ukraine, j’y pense.

    • Répondre
      Margaux
      27 novembre 2017 à 13 h 53 min

      Je ne peux parler que de mon expérience, mais ça valait le coup de sauter le pas 🙂

  • Répondre
    Anne
    27 novembre 2017 à 8 h 28 min

    Et tu arrives encore à faire des photos après avoir bu l’alcool local?

    • Répondre
      Margaux
      27 novembre 2017 à 13 h 47 min

      Difficilement 😉 trêve de plaisanterie, je suis restée raisonnable quand même!

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