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Les Carpates ukrainiennes #3 – Kolomyia et son marché artisanal

Coucher de soleil sur la gare ferroviaire de Kolomyia

Jour 1, le village de Sheshory et ses environs. Jour 2, découvertes culturelles à Kosmach. Suite et fin de ce séjour dans les Carpates, je vous conte aujourd’hui ma troisième journée, passée dans la ville provinciale de Kolomyia.

Située aux confins des collines, Kolomyia est un pied-à-terre idéal pour explorer les alentours. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’y ai posé mon sac à dos. Pourtant, si c’est la nature et les villages environnants qui attirent dans ces contrées, la citadine a aussi son petit charme.

Kolomyia – culturelle, animée, décontractée

Il est 23 heures. J’arrive à Kolomyia en train depuis Lviv alors que le soleil disparaît à l’horizon. Pleine, une marchroutka (taxi collectif) quitte la gare pour le centre. Je me mets donc en marche pour couvrir les 2 kilomètres qui m’en séparent. Dans les premiers instants, je regrette ma décision. La route est déserte, mal éclairée, peu rassurante. Mais rapidement, je remarque, ici, deux femmes promenant une poussette, là, un groupe discutant sur un banc. L’endroit s’anime petit à petit. L’atmosphère y est détendue. Bingo, Kolomyia ! La deuxième impression est la bonne !

Une tendance qui se confirme de jour. Traversant le centre-ville de part en part, Chornovola est l’artère que je qualifierais de principale pour qui veut s’adonner à la flânerie. Rue piétonne, commerçante, elle est vivante et bordée d’une architecture plaisante.

Oeuf décoré d'un oiseau et de fleursMusée Pysanka, un bâtiment en forme d’œuf géant décoré de formes géométriques aux couleurs chaudes

Extravagante aussi. Œuf géant, le Musée Pysanka trône imposant, entouré de ses répliques miniatures. À l’image des collections qui l’habitent, il est consacré à l’art traditionnel slave du même nom. Formes géométriques, couleurs flamboyantes, ce savoir-faire pare les œufs de leurs plus beaux atours quand vient le moment pour les chrétiens de fêter Pâques.

Un peu plus loin, les amateurs peuvent aussi approfondir leurs connaissances des traditions populaires des Carpates au Musée d’Arts folkloriques houtsoules.

Enfin, pour l’effervescence, il y a le bazar local. Son dédale exigu s’ouvre sur une halle aux allées rendues étroites par le monde. Ici, comme au marché Krakivsky de Lviv, les marchands vendent leurs produits sur des étals partagés. Coloré pour les yeux, sonore pour les oreilles, l’endroit est chaotique. Un joyeux tumulte. Comme je les aime.

Jeudi matin artisanal

À Kolomyia, le jeudi se passe sous le signe de l’artisanat. Le marché aux tissus et broderies s’installe tôt le matin. Très tôt, dès 3 heures. D’ailleurs, c’est aux petites heures que se dénichent les bonnes affaires. Vous êtes prévenus ! Moi, je suis moins courageuse. Je m’éveille au son d’une pluie battante. La bonne excuse pour profiter plus longtemps du confort de mon lit.

Chien errant rencontré sur le chemin du marché artisanal

Je me mets donc en route un peu plus tard, sur un chemin boueux, clopin-clopant entre les nids-de-poule. Quelques échoppes improvisées en bord de route profitent de la fréquentation du lieu. Elles me mettent la puce à l’oreille. Je suis bientôt arrivée.

Le marché en question se situe sur un périmètre délimité auquel on accède par un étroit portique. Les présentoirs y cohabitent avec des vendeurs solitaires, leurs marchandises sur le bras. Des robes, des blouses, des couronnes de fleurs, des étoffes. Du rouge, de l’orange. Une tendance aux couleurs chaudes, parsemées de touches de bleu ci et là. Ça touche, ça compare, ça négocie. Sans grande surprise, je prends beaucoup de plaisir à me promener ici. Un joli point final à ces quelques jours dans les Carpates.

Broderies rouges et bleuesÉtoffes brodées et vieille Lada en arrière-plan

En pratique

À noter, les prix et taux de conversion datent de juillet 2017. Ils ne sont donnés qu’à titre informatif.

Se rendre, se déplacer à Kolomyia

Je suis arrivée à Kolomyia en train depuis Lviv. Un trajet d’environ 4h30 pour 67 uah (~2,25€). J’avais réservé mon billet la veille sur le site du réseau ferroviaire ukrainien.

Kolomyia est aussi bien desservie par les bus. Un plus pour explorer la région ou rallier d’autres villes, comme Ivano-Frankivsk, Rakhiv et Tchernivtsi. Vous pouvez consulter les horaires sur ce site. Sachez que je n’ai pas utilisé leur service de réservations. Je ne peux donc en garantir la qualité. Néanmoins, réserver ne me semble pas nécessaire. Présentez-vous simplement à  la gare routière et achetez votre titre de transport au guichet.

Sur place, je me suis toujours déplacée à pied. Il existe bien sûr des bus et marchroutki. Malheureusement, je ne peux vous en dire plus. Votre logement devrait pouvoir vous renseigner si nécessaire.

Se loger

J’ai d’abord logé au City Hostel, en plein centre, idéal vu mon arrivée tardive. Le lit dans un dortoir de 3 m’a coûté 120 uah/nuit (~4€). C’est confortable, propre et calme. Cependant, n’en attendez rien de plus. Il n’y a pas vraiment d’espace commun, hormis la cuisine, et le staff n’a pu me renseigner quant à l’organisation pratique d’excursions dans les Carpates. Je ne vous cache pas que ça m’a semblé fou, Kolomyia étant avant tout un point de chute dans la région.

Le lendemain, je me suis rendue au On The Corner Bed & Breakfast, qui a la réputation d’être la meilleure option logement de Kolomyia (voire d’Ukraine, excusez du peu !). D’expérience, c’est amplement mérité. Tout y est, avec en prime l’accueil d’Irina, Petro et un sens de l’hospitalité comme je n’en ai connu ailleurs dans le pays. Concrètement, j’y ai dormi pour 200 uah/nuit (~6,70€), la chambre avec petit-déjeuner compris. Même si dans les faits, il y a toujours eu une assiette pour moi à table (du coup, pas de bons plans restos à vous donner, sorry !).
Pour visiter les alentours, je suis passée par eux également (500 uah/jour, ~16,80€). Nikolaï, le frère d’Irina, a été mon guide pendant 2 jours. Il connaît bien sa région et en parle avec passion. Je ne peux que vous conseiller ses services !

Sur la carte

Allier l’utile à l’agréable

Une jolie architecture, un centre piéton animé, 2 musées consacrés à la culture houtsoule, un bazar et un marché artisanal le jeudi. Certes, Kolomyia est essentiellement un point de départ vers les collines, forêts et villages des Carpates. Elle n’en est pas moins l’occasion d’une halte urbaine et culturelle de quelques heures.

C’est ici que s’achève mon séjour dans la région. Pour une prochaine, j’aimerais découvrir le coin de Rakhiv et, qui sait, peut-être pousser une pointe jusqu’au sommet du Mont Hoverla, le plus haut d’Ukraine (2061 m). En attendant, je reprends la route, direction Tchernivtsi, l’énergique aux 3 facettes.

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2 Commentaires

  • Répondre
    Laurent
    14 janvier 2018 à 19 h 56 min

    Il faudrait en faire des sièges ces oeufs. Un trou dedans et houp 🙂

    • Répondre
      Margaux
      15 janvier 2018 à 8 h 37 min

      C’est une idée! Il faudrait peut-être le proposer à la ville 😉

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