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Turkestan et son mausolée – sur la route de la Soie au Kazakhstan

Mausolée de Khoja Ahmad Yasawi, bel exemple d'architecture timouride, dans la neige, Turkestan

Cette photo a été prise au Kazakhstan. Vous y croyez ? Moi non plus. En tout cas, pas au début. Dans mon imaginaire, le Kazakhstan, c’était un pays de steppes et de chaînes de montagnes. Une destination aux lieux insolites comme sa capitale, Astana, le cosmodrome de Baïkonour ou la mer d’Aral. Et honnêtement, si vous êtes en quête de cités anciennes et patrimoine architectural, vous serez mieux servis chez son voisin du dessous, l’Ouzbékistan. Toujours est-il qu’en ouvrant mon Lonely Planet Asie centrale, section kazakhe, je fus surprise de tomber sur ce site aux airs de Samarcande.

Alors que nous étions dans le coin en novembre 2016, Florian et moi en avons profité pour visiter, le temps d’une journée, Turkestan et son mausolée. Je vous raconte !

La ville de Turkestan

Située au sud du Kazakhstan, Turkestan, ou Türkistan, se trouvait autrefois sur le passage des caravanes se rendant d’Orient en Occident, et vice-versa. Oui ! À Turkestan, on est sur l’une des voies de la célèbre route de la Soie. Mais pas seulement ! La ville fut aussi un important centre religieux ainsi que la capitale du Khanat kazakh du XVIème au XVIIIème siècle. Aujourd’hui, elle est principalement connue pour son mausolée.

Voitures sur Tauke Khan, une rue de Turkestan

Et c’est exactement ce dernier qui nous mène dans ces contrées d’Asie centrale ! Par un froid (glacial) matin de novembre, nous partons donc de Chimkent, un peu à l’étroit dans notre marchroutka (taxi collectif). Loin de moi l’idée de m’en plaindre, ça a le mérite de tenir chaud ! Tellement que j’en finis dans les bras de Morphée. Coïncidence, coup de chance, je ne saurais dire. Quoi qu’il en soit, j’ouvre l’œil deux heures plus tard sur la silhouette distante d’un bâtiment aux dômes imposants.

Mais une chose à la fois ! La priorité à l’arrivée, c’est surtout une bonne tasse de thé. Après une trentaine de minutes, nous trouvons enfin l’objet de notre convoitise : un restaurant ouvert ! Bien qu’à nouveau frigorifiés, ça nous aura au moins permis de déambuler dans les rues de Turkestan et d’y observer des scènes atypiques. Comme celle de ce linge pendu à l’extérieur, au-dessus d’un sol couvert de neige. If it looks stupid but it works, it ain’t stupid !

Linge pendu au-dessus d'un sol couvert de neigeGel matinal sur les branches d'un arbre

Le mausolée de Khoja Ahmad Yasawi

Depuis le début, je vous parle du mausolée de Turkestan. De son vrai nom, c’est en fait celui de Khoja Ahmad Yasawi, un poète et maître soufi du XIIème siècle. Né à Sayram, une ville du Sud kazakh, il suivit une formation au soufisme à Boukhara, en Ouzbékistan, puis vécut à Turkestan le reste de sa vie durant. Il fonda le Yasaviyya, un ordre musulman soufi, qui joua un rôle important en Asie centrale, et devint populaire grâce à sa capacité à transmettre ses enseignements aux citoyens lambdas. Bref, plutôt influent le gars ! Il est d’ailleurs aujourd’hui considéré comme le premier saint-homme musulman turc (au sens large du terme). Rien que ça !

Du coup, cette histoire de mausolée, ça n’étonne personne ! Tamerlan, qui n’est autre que le dirigeant à l’origine des célèbres monuments de Samarcande, ordonna la construction du site à la fin du XIVème siècle. Toujours en cours à sa mort, il resta, et restera probablement à jamais, inachevée. Néanmoins, ce superbe exemple d’architecture islamique est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Porte en bois et mosaïques du mausolée de Khoja Ahmad YasawiL'un des deux dômes du mausolée et mosaïques

Ça, c’était pour la petite histoire ! Revenons-en à cette tasse thé, achevée depuis longtemps maintenant. Nous bravons désormais le froid. Petit à petit, le mausolée et ses coupoles se dévoilent, sortant de la brume hivernale. Ces mosaïques, ces nuances de bleu, de vert, c’est magique ! Inattendu aussi. De découvrir cette énorme structure dans un paysage revêtu de son manteau blanc, alors qu’on l’imagine plutôt sous un soleil de plomb, en plein désert. Le contraste est assez fascinant.

Nous parcourons ensuite le reste du site, la neige craquant sous nos pas. Nous visitons les autres lieux d’intérêt. Il y a d’abord le mausolée de Rabia Sultan Begum, l’arrière-petite-fille de Tamerlan. Un peu plus loin, nous découvrons une mosquée, à moitié souterraine, où se serait retiré Yasawi à la fin de sa vie. À côté se trouve une autre mosquée, soutenue par des piliers de bois.

Ombre d'un dromadaire au loin sur le site du mausolée

En ressortant, nous observons, au loin, la silhouette d’un dromadaire. Et nous marchons, nous tournons, nous retournons, toujours admiratifs, un peu bouche bée, à chaque fois que nos regards croisent l’édifice que la rumeur qualifie de plus beau du Kazakhstan.

Réchauffés par un soleil d’hiver, le froid s’est peu à peu laissé oublier, rendant nos pérégrinations moins extrêmes. C’est finalement la faim qui aura raison de nous. Nous quittons les lieux, histoire de nous mettre quelque chose sous la dent, avant de reprendre la route pour Chimkent.

En pratique

À noter, les prix et taux de conversion datent de novembre 2016. Ils ne sont donnés qu’à titre informatif.

Turkestan est facilement accessible depuis Chimkent. En fonction de l’endroit où vous vous trouvez en ville, vous pouvez prendre un bus ou un taxi jusqu’à l’avtovokzal (gare des bus) Samal. Nous avons pris le taxi (500T, ~1,40€), solution la plus pratique dans notre cas. À Samal, il est possible de prendre soit une marchroutka (800T/personne/trajet, ~2,23€), soit un bus (normalement moins cher). Les marchroutki démarrent une fois remplies, les bus selon un horaire. Le trajet dure de 2 à 3 heures, en fonction du coup de pédale de votre chauffeur.

À Turkestan, demandez à être déposés quand vous apercevez le mausolée. Il y a peu de chance que vous le loupiez. Pour le retour, il vous faudra marcher environ 2 km à l’ouest du centre pour rejoindre les 3 gares des bus de la ville, toutes proches les unes des autres.

En ce qui concerne la visite en elle-même, vous pouvez vous balader sur le site du mausolée sans payer de droit d’entrée. Pour visiter les bâtiments de l’intérieur, il faut par contre acheter un ticket (500T/personne). Mesdames, mesdemoiselles, n’oubliez pas un foulard pour couvrir votre chevelure !

Sur la carte

Un avant-goût de route de la Soie

Alors que Kazakhstan est une destination plutôt nature et grands espaces, une visite de Turkestan et du mausolée de Khoja Ahmad Yasawi est idéale si vous êtes en mal de jolis monuments. D’après ce que j’ai entendu dire, le site ne joue pas dans la même cour que des endroits comme Boukhara, Samarcande et Khiva, en Ouzbékistan. Toutefois, j’en suis revenue impressionnée et me plais à croire qu’il donne un bon aperçu des cités plus connues de la route de la Soie.

Découvrez aussi d’autres lieux d’intérêts avec l’itinéraire complet de ce voyage au Kazakhstan.

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14 Commentaires

  • Répondre
    Alexis - Le Petit Explorateur
    20 septembre 2017 à 22 h 22 min

    Je n’avais jamais vu sur un blog des photos du Kazakhstan en hiver, avec de la neige. Franchement c’est trop beau.
    J’avais ajouté Turkestan sur ma liste de voyages et je ne suis pas près de l’enlever, ça a l’air magnifique. quelles couleurs !!
    Un bel article, j’aime bien comme tu as fait ton blog 🙂

    • Répondre
      Margaux
      21 septembre 2017 à 10 h 26 min

      Merci 🙂
      Il faut quand même un peu s’accrocher niveau température. Par contre, on a eu de la chance d’avoir pas mal de journées ensoleillées. La lumière était magnifique!

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    Itinera magica
    3 octobre 2017 à 12 h 26 min

    J’étais sûre qu’il y avait du Tamerlan là dedans 😉 Jolie découverte ! Je vais bientôt en Ouzbékistan et j’ai super hâte.

    • Répondre
      Margaux
      3 octobre 2017 à 13 h 32 min

      En effet, un style plutôt récurrent chez ce monsieur 😉
      Je n’ai encore jamais foulé le sol de l’Ouzbékistan. Ça doit être superbe! Bon voyage 🙂

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    Amélie
    26 octobre 2017 à 18 h 58 min

    c’est sympa de voir le pays sous la neige (je ne savais même pas qu’il neigeait là-bas pour te dire). J’en profite pour te dire (répétition^^) que je viens tout juste de découvrir ton blog, très sympa ! Je te suis sur facebook du coup 🙂
    Belle soirée xx

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      Margaux
      27 octobre 2017 à 15 h 35 min

      Une vision plutôt inhabituelle, n’est-ce pas?!
      Merci pour ces gentils mots, ça me fait plaisir! 🙂 J’aime aussi beaucoup ce que tu, vous faites sur hellolaroux!

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    Anne
    27 novembre 2017 à 8 h 17 min

    Je suis bluffée par le contraste entre ces toits bleus et la neige. Quelles belles images!

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      Margaux
      27 novembre 2017 à 13 h 52 min

      Merci! Le sujet et la lumière y sont pour beaucoup 🙂

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    Alaindici
    1 décembre 2017 à 23 h 52 min

    Je ne connaissais l’existence de ce site malgré tout mon intérêt pour Tamerlan, cet inconnu de nos livres d’histoire. Une époque fascinante ! Merci pour cet article fort intéressant.

    • Répondre
      Margaux
      5 décembre 2017 à 21 h 31 min

      Ah, si je peux faire découvrir de nouveaux endroits… ça fait toujours plaisir! 🙂

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    Rory
    13 décembre 2017 à 1 h 32 min

    C’est splendide sous la neige… ces jolis domes et ces branches glacée, je suis séduite. Décidément je crois que l’hiver consacre un charme bien spécial à la Russie et les pays voisins de l’ex-URSS.

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      Margaux
      13 décembre 2017 à 12 h 18 min

      Je dois dire que la magie a immédiatement opéré pour moi!

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    Arnaud
    24 mai 2018 à 12 h 46 min

    Pas banale cette destination ! Ca nous change de la Méditerranée ou des capitales d’Europe. J’ai découvert ton blog grâce à Twitter.

    • Répondre
      Margaux
      24 mai 2018 à 17 h 41 min

      Pour le coup, c’est le dépaysement total ! 😉
      Merci d’être venu faire un tour 🙂

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