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Tchernivtsi : atmosphères aux confins de l’Ukraine

Rue de Tchernivtsi

Tchernivtsi et moi, c’est dans un premier temps une histoire qui s’amorce mal.

J’arrive alors dans cette ville de l’Ouest ukrainien, proche de la frontière roumaine, depuis Kolomyia. Pas de chance, le nez à peine hors du bus, je me fais surprendre par une drache (belgituuude) phénoménale. Mais soit. L’averse est passagère, et je prends, somme toute, rapidement le chemin du centre. Tout s’arrange.

Sauf que — loi de Murphy oblige — un homme m’accoste, se proposant de me déposer en ville. Mes tripes me disent « non » ; sans trop savoir pourquoi, je dis « oui ». S’ensuivent des minutes interminables de regards lourds, en coin, et de « Me, your boyfriend ». Heureusement, plus de peur que de mal, j’atteins ma destination sans autre encombre, certes envahie d’un sentiment de malaise, mais déterminée à ne pas me laisser abattre — la ville n’en peut rien après tout.

Ainsi, plusieurs jours durant, je profite de Tchernivtsi, marquée par ses influences antérieures, universitaire, au bazar immense et bouillonnant. Découverte.

De multiples influences

Check-in effectué, sac à dos posé, je me donne pour mission de tordre le cou à ces débuts ratés.

Dès mes premières flâneries, Tchernivtsi se révèle et, avec elle, la complexité de son histoire. Bien sûr, la métropole est aujourd’hui ukrainienne. Sans doute, devinerez-vous aussi son passé soviétique. Mais le saviez-vous ? Elle était à l’origine moldave, avant de devenir austro-hongroise à la fin du XVIIIème siècle. À l’image de l’Empire des Habsbourg, ici coexistaient à l’époque des populations bigarrées — mélange de cultures, de langues et de confessions différentes.

Enseigne de la rue Kobylianska
Ratusha, hôtel de ville de Tchernivtsi

Deux guerres et 70 années d’URSS plus tard, le melting-pot culturel d’autrefois n’est plus. Pourtant, j’en constate les vestiges à chaque détour. Çà et là, l’ancienne synagogue, devenue un cinéma, l’église arménienne, une salle de concert, ou encore la rue Kobylianska, où se lisent sur le pavé les noms portés au fil du temps — Czernowitz en allemand, Czerniowce en polonais, Cernăuți en roumain, entre autres.

Autre observation, quelques bâtiments remarquables croisent ma route. Parmi ceux-ci, l’Hôtel Bristol, le théâtre Kobylianska et le Musée des Arts. Des façades pastel, richement ornées, bien que fatiguées pour la plupart. Je comprends ce qui a valu à la ville son surnom de « Petite Vienne ». Puis surtout, je lui trouve ce charme, à vif, sans fioriture, similaire à celui de Lviv.

De Tchernivtsi, je retiens aussi des rues légèrement chaotiques, animées d’une énergie tranquille.

Je pense pouvoir le dire : mission accomplie ! 🙂

L’Université nationale de Tchernivtsi

Après des débuts ukrainiens en solo, Florian me rejoint ici au bout du deuxième jour. C’est donc à deux que nous visitons l’un des attraits majeurs de la ville : l’Université nationale Ioury Fedkovitch, plus vieil établissement d’études supérieures d’Ukraine (1875).

Entrée de l'Université nationale de Tchernivtsi

Initialement résidence de hauts dignitaires de l’Église orthodoxe, puis siège universitaire à partir 1955, le complexe fut érigé entre 1864 et 1882 sur les plans de Joseph Hláva, un architecte tchèque à qui l’on doit également l’Opéra impérial de Vienne — si peu. Le tout consiste en un ensemble impressionnant de briques rouges, tours, coupoles et toits aux tuiles colorées. Une petite merveille architecturale, classée au patrimoine de l’UNESCO depuis 2011.

La lumière du soleil couchant, les allées ombragées, à priori, les conditions sont rassemblées au moment de notre visite. En réalité, je suis un peu déçue. Les bâtiments demeurent clos. L’accès à la cour ne nous permet donc pas d’en voir plus que de l’extérieur — ou alors, on a raté un truc !

Petite déception donc, qui ne nous empêche tout de même pas de profiter de la sérénité des lieux. Un moment d’accalmie, avant de regagner la relative effervescence du centre.

Entrée de la cour intérieure
Bâtiment de l'Université Ioury Fedkovitch

Bon à savoir

  • Le droit d’entrée pour la cour intérieure coûte 15 uah (~0,50€).
  • Des visites guidées — extérieurs et bâtiments — sont organisées régulièrement. L’office du tourisme (sur la carte en fin d’article) peut vous renseigner.

Le marché Kalynivsky

33 hectares, des denrées acheminées d’Europe centrale, de l’Est et d’aussi loin que la Turquie, un brassage de dizaines de milliers de visiteurs chaque jour. Sur le papier, il ne m’en faut pas plus. Un matin, nous embarquons donc à bord d’une marchroutka (mini-van) pour le marché Kalynivsky.

Container jaune du marché Kalynivksy

À l’arrivée, promesse tenue ! C’est bien ici, dans ce monde à part, que semble se trouver le cœur battant de la ville.

Nous nous engageons dans un labyrinthe d’étals, hangars et containers imbriqués les uns dans les autres. Sans surprise, tout s’y vend. Le bazar apparaît comme découpé, un secteur par catégorie de marchandises. Là, le coin des vêtements, ensuite celui des condiments, des produits laitiers. Ici, un regroupement d’échoppes de street food, d’où s’échappe une alléchante odeur de chachlyk (brochette de viande marinée puis grillée). Un désordre organisé, où je passerais des heures entières à observer les affaires se dérouler.

Bon à savoir

  • Depuis la gare des trains, vous pouvez prendre n’importe quelle marchroutka avec l’indication Калинівський ринок (kalynivskyi rynok)Le trajet coûte 4 uah/personne (~0,10€).
  • Le bazar est ouvert tous les jours de 6h à 14h, sauf le lundi.

Guide pratique

À noter, tous les prix et taux de conversion de cet article datent de juillet 2017. Ils ne sont donnés qu’à titre informatif.

Les transports

Arriver (et repartir) en bus

Kolomyia Tchernivtsi (la route que j’ai moi-même empruntée) : le trajet dure environ 2h et coûte 57 uah (~1,92€). À l’arrivée, l’arrêt terminus se trouve dans le marché Kalynivsky.

Dans un bus ukrainien

Parmi d’autres connexions routières : Kiev, Lviv, Ivano-Frankivsk (dans les Carpates) et Kamianets-Podilsky. Vous arriverez ou partirez alors de la gare routière, à 3 km au sud-est de la ville.

Sans me soucier des horaires, j’ai tendance à me pointer en gare, acheter mon billet et partir avec le premier bus. Mais si jamais, vous trouverez plus d’informations sur les différentes possibilités depuis/vers Tchernivtsi sur ce site. Nota bene, je n’ai pas utilisé leur service de réservation. À bon entendeur !

Arriver (et repartir) en train

Des lignes ferroviaires relient Tchernivtsi à Kiev, Odessa, Lviv, Ivano-Frankivsk et Kolomyia. La gare des trains se situe à 1 km au nord du centre.

Contrairement au bus, réserver peut s’avérer utile, voire nécessaire, en fonction des lignes et des saisons. Vous trouverez toutes les informations (itinéraires, horaires, prix, réservation en ligne) sur le site du réseau ferroviaire ukrainien. J’ai réservé avec eux à plusieurs reprises, sans aucun problème !

Sur place

Il existe un réseau de trolleys et marchroutki, pratique pour rallier le centre depuis les deux gares et le bazar (et vice-versa). Pour le reste, le cœur de la ville n’est pas bien grand et se parcourt facilement à pied.

Dormir à Tchernivtsi

Les deux premières nuits, je dors au Pelican Hostel, une petite auberge cosy, très bien située et tenue par une hôtesse vraiment adorable !
Prix pour un lit en dortoir : 120 uah (~4€).

Malheureusement, le Pelican Hostel ne propose pas de chambre double. À l’arrivée de Florian, nous logeons donc au Square Hostel. Une bonne option, même si l’ambiance y est un peu trop impersonnelle à mon goût.
Prix pour un lit en dortoir : 150 uah/nuit (~5€) ; pour une chambre double (salle de bain commune) : 340 uah/nuit (~11€).

Manger à Tchernivtsi

Une bonne adresse pour les ventres creux : la chaîne de restaurants géorgiens Khinkalnya. Un vrai bon plan, tant au niveau des plats que du service 🙂

Intérieur de la Khinkalnya de Tchernivtsi
Khinkali, ravioli géorgien

Sur la carte

Une question d’atmosphère

Tchernivtsi — ses vestiges multiculturels, l’animation paisible de son centre-ville, le calme reposant de son université, l’activité tumultueuse de son gigantesque bazar. Dans cette métropole des confins ukrainiens, tout est question d’atmosphères, d’énergies à absorber.

Au bout de 4 jours, mes déambulations m’ont rassasiée. Florian se dit lui aussi prêt à passer à la suite. Nous reprenons donc les sacs à dos. Prochain stop : l’idyllique Kamianets-Podilsky !

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