2 Dans Ukraine

Lviv ou mes premiers pas en Ukraine

Lumière matinale inondant une rue de la Vieille Ville de Lviv

Il y a un petit temps déjà, je vous livrais, en vrac, les impressions de mon voyage en Ukraine. Début juillet 2017, je m’envolais pour le plus grand pays d’Europe géographique. Arrivée à l’aéroport de Kiev de nuit, et non sans m’être perdue au préalable dans le terminal (oui, je suis comme ça), je suis montée dans un bus pour la gare. De là, je prenais un train, direction Lviv.

Souvent appelée le cœur battant de la culture ukrainienne, j’avais entendu dire de cette ville qu’elle était belle, à l’atmosphère agréable. En guise d’introduction à ce voyage, je suis donc partie à la découverte de Lviv. Et voici ce que j’y ai trouvé…

Lviv, je boirais de ton café !

Je ne suis pas exactement quelqu’un “du matin”. D’autant plus que je vous écris ce post à une heure un peu trop matinale à mon goût. Alors, commençons par l’une des étapes qui rythment mes journées : un petit café !

Lviv et l’or noir. La légende voudrait qu’un Ukrainien du coin ait ouvert la première coffeehouse de Vienne au XVIIème siècle. Et ça ne s’arrête pas en si bon chemin ! C’est là qu’il aurait ajouté sucre et lait à son breuvage, donnant ainsi naissance à la tradition viennoise. Bon, au final, ç’aurait été un tantinet exagéré. Et, d’après les recherches, c’est en fait à un Arménien que les Viennois devraient leur premier café.

Café accompagné de liqueur et d'une rondelle de citron au Lviv Coffee Mining Manufacture

Toujours est-il que les Léopolitains ne sont pas peu fiers. Le café, c’est sacré ! Préparé à l’orientale, il se savoure, se déguste. À une table, et certainement pas à emporter ! Heureusement, tout a été bien pensé : les établissements sont dispersés un peu partout dans la ville. (Ouf, on a frôlé la catastrophe !)

Ainsi, défiant l’excès de caféine, je n’ai manqué que peu d’opportunités de m’asseoir en terrasse pour siroter une petite tasse. Et faire ce que je fais sans doute le mieux en voyage : regarder les passants… passer ! Conclusion de cette courte étude comparative, c’est au Lvivska Kopalnya Kavy que j’ai bu le meilleur café, avec un peu de liqueur (de grand matin, pas bien !), une rondelle de citron et une part de cheesecake (de Lviv, bien sûr). On se fait plaisir quoi !

La Vieille Ville – un air d’Europe centrale à l’Est

Sans entrer dans les détails de son histoire mouvementée, Lviv fut polonaise, devint austro-hongroise, eut un bref intermède ukrainien, redevint polonaise,… Mouvementée, je vous dis ! Forcément, ça laisse des traces. Première attraction touristique du pays, patrimoine de l’UNESCO depuis 1998, et surtout, condensé des influences qui l’ont un jour traversé, que serait donc la découverte de Lviv sans passer par son centre historique ?

Enseigne en forme de chat dans la Vieille VillePloshcha Rynok, place principale, au cœur de la Vieille Ville

Avec ses airs d’Europe centrale, la Vieille Ville, c’est la place du Marché, les maisons qui la bordent, la jolie rue Virmenska. C’est des façades en décrépitude, des vieux trams cliquetants. C’est un charme un peu brut, qui m’a rappelé, dans un autre style, le quartier de Kazimierz à Cracovie. Enfin, c’est un endroit où il fait bon oublier la carte pour tranquillement déambuler, au feeling, dans son dédale de rues pavées.

La religion à chaque coin de rue

La société ukrainienne est très croyante. Je le savais avant de partir, j’en avais entendu parler, je l’avais lu, mais c’est autre chose de le voir de ses propres yeux. Me balader à Lviv fut l’occasion d’un premier contact avec la dévotion de bon nombre d’Ukrainiens.

Drapeaux et voûtes de la Basilique-cathédrale de l'AssomptionCierges à l'intérieur de la Basilique-cathédrale de l'Assomption

Avec plus d’une centaine d’églises au compteur, dont une concentration importante dans son minuscule centre historique, les édifices religieux se trouvent, presque littéralement, à chaque coin de rue. Et tandis que chez nous ils se vident, ici, ils demeurent bel et bien peuplés. Rarement confrontée aux gestes dévots dans mon propre pays, ceux-ci m’ont interpellée d’autant plus. Comme ce signe de croix, inlassablement répété à la vue d’un lieu de confession.

Puis, ça a un côté un peu mystique, quand, à la lumière et dans l’air frais d’un dimanche matin, les clochers s’éveillent de concert pour annoncer les innombrables messes alentours.

Entre marchés et étals improvisés

À Lviv, rencontrer un marché au hasard est plutôt du genre commun. Je le compris un matin, alors que je me promenais, sans but précis. Tombée sur quelques vendeuses de fleurs, je suivis cette enfilade d’étals, tel le Petit Poucet traçant ses cailloux, et me retrouvai, au bout d’une dizaine de mètres, au beau milieu d’un marché. À ce moment-là, je ne savais pas encore que ça m’arriverait de nombreuses fois durant les jours, les semaines à venir.

Étal improvisé de fruits des bois à l'entrée d'un marché

Si le centre-ville a des airs d’Europe centrale, les rynoki (marchés) et bazars de Lviv lui confèrent une ambiance bien plus orientale. Labyrinthe au brouhaha permanent, le marché Krakivsky vend de tout, des jouets pour enfants au poisson frais. Dans sa halle centrale, les vendeurs viennent exposer leurs marchandises sur des tables communes, tout en longueur. Tout aussi chaotique, l’endroit rappela à mon souvenir certains marchés de Russie et d’Asie centrale.

Beaucoup plus petit, le bazar Stryisky est sans hésitation mon préféré. Derrière un mur de fleuristes, on y découvre des allées étroites, où les marchands vendent leurs denrées alimentaires à une clientèle (qui semble) habituée.

Autre endroit singulier, un marché de livres de seconde main se tient tous les jours dans le centre, au pied de la statue d’Ivan Fiodorov, premier imprimeur d’Ukraine. Sans oublier les chapeaux, collections de pins et vieilleries en tout genre qu’on y trouve.

Bref, les marchés à Lviv, c’est partout, tout le temps et de tout !

Lviv, pleine de vie

Joueurs d'échecs sur un banc de Prospekt Svobody, avenue principale du centre

Se poser, observer, Lviv, pleine de vie, offre un infini de possibles. J’en fus agréablement surprise, et instantanément conquise !

Avenue principale du centre, Prospekt Svobody est un joyeux mélange de locaux et de touristes. Vendeurs de glace, personnages de cartoon prenant la pose, militaires marchant de front, les scènes se présentent, où que le regard se fixe, et ne se ressemblent pas. L’après-midi, les joueurs d’échecs, de dames et de backgammon investissent les bancs publics. Se forment alors des cercles d’observateurs. Et tandis que la semaine, c’est tournoi, chronomètre en main et paris à la clef, le week-end, on joue sans enjeu. Le tout donne aux lieux un sentiment bon enfant, celui d’être dans un grand village, où les gens se connaissent, se croisent, se saluent, plutôt que dans la première ville de l’Ouest ukrainien.

En pratique

À noter, les prix et taux de conversion datent de juillet 2017. Ils ne sont donnés qu’à titre informatif.

S’y rentre et se déplacer

Je me suis rendue à Lviv en train depuis Kiev. Le trajet a duré 5 heures et m’a coûté (exactement) 327,05 uah (~11,30€). J’avais pris un Intercity +, mais il est possible de prendre un train plus lent. Il vous en coûtera environ la moitié du prix, voire moins. Pour éviter une mauvaise surprise à la gare de Kiev (arrivée de nuit, pas dormi, tout ça), j’avais réservé mon billet à l’avance via le site officiel du réseau ferroviaire ukrainien.

Une fois sur place, il y a un réseau de tram-bus. Personnellement, j’ai trouvé la ville suffisamment petite pour tout faire à pied, même le trajet gare-centre (~25 min). Pour m’y retrouver, je me suis servie de l’application smartphone Maps.me qui permet de télécharger les cartes (et donc de les utiliser sans internet).

Se loger

Niveau logement, vous devriez avoir le choix.

De mon côté, j’ai logé au Old City Hostel pour 155 uah/nuit (~5,20€) dans un dortoir de 8 lits. Situé en plein centre, il y fait calme, propre, les lits sont confortables, l’espace commun est cosy et le staff sympa. En résumé, les classiques d’une bonne option.

Manger, sortir

Bonne nouvelle : vous ne mourrez pas de faim à Lviv ! La scène culinaire y est en plein essor. Vous y trouverez donc beaucoup de restaurants, souvent à thème. Loin de moi l’idée de vous gâcher le plaisir de trouver le petit resto coup de cœur, mais sait-on jamais, je vous donne quand même deux adresses :

  • Chaîne de restaurants-cantines ukrainiens, Puzata Hata n’est clairement pas l’endroit pour un dîner aux chandelles. Ceci étant dit, on y mange bien à (tout tout tout) petits prix.  On n’y va pas pour l’ambiance, mais ça dépanne si vous voulez manger sur le pouce. Ou si vous êtes en manque d’inspiration !
  • Lieu de mon premier repas en Ukraine, Khinkalnya est aussi une chaîne, de restaurants géorgiens cette fois. Comme Puzata Hata, c’est très bon marché, mais en beaucoup plus cosy. Et vous pouvez y observer la préparation des khinkalis (dumplings géorgiens).

Pour sortir, de nouveau ce ne sont pas les options qui manquent. Je n’ai pas d’endroits en particulier à recommander. Sachez juste, si vous voyagez seuls (ou non), qu’il y a un meeting Couchsurfing organisé tous les jeudis.

Sur la carte

Un premier contact avec l’Ukraine dans une ville unique

Lieu de mon premier contact avec l’Ukraine, j’ai découvert à Lviv l’amour de ses habitants pour le café, un joli centre historique aux allures d’Europe centrale, l’omniprésence de la religion, l’importance des marchés au quotidien, et surtout, une ville à taille humaine, pleine de vie.

Ces choses, je les ai parfois remarquées ailleurs au cours des semaines qui ont suivi. Ainsi, Lviv et son charme unique furent l’introduction idéale à ce voyage en Ukraine, côté ouest.

Pour la suite, rendez-vous dans les Carpates ukrainiennes : Jour 1, Jour 2 et Jour 3 !

Cette balade léopolitaine vous a plu ? N’hésitez pas à laisser un commentaire ! 🙂

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2 Commentaires

  • Répondre
    Alexis - Le Petit Explorateur
    19 octobre 2017 à 13 h 53 min

    Salut, je suis trop content de lire ton article 🙂 Comme tu le sais, je suis très intéressé par un voyage en Ukraine et Lviv me fait rêver pour ses beaux bâtiments colorés, son côté vieille ville d’Europe de l’Est qui fait tout son charme.
    Du coup, là, en voyant tes photos (magnifiques), ça me donne encore plus envie de m’y envoler 🙂 Merci !

    • Répondre
      Margaux
      19 octobre 2017 à 16 h 39 min

      En effet, tu as l’air plutôt intéressé! 🙂 Lviv a vraiment son charme bien à elle, un “je ne sais quoi”, difficile à décrire. Je suis curieuse de lire ton retour le jour où tu auras concrétisé cette envie! Merci pour ton commentaire 🙂

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